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19.02.2008
municipales: des victoires annoncées et des raisons de s’inquiéter au ps
Le sondage LH2-«Libération» place les socialistes en position de force.
Attention (double) danger ! Certes, les Français, selon notre deuxième sondage sur les municipales réalisé par l’institut LH2 (1), font plus confiance au PS qu’à la droite, pour gérer au mieux leur commune. Mais, u ne victoire imposante des socialistes au scrutin de mars et c’est le risque d’entonner un Tout va très bien madame la Marquise! empêchant toute réflexion de fond sur le devenir du parti (lire page ci-contre). Le second écueil, c’est celui d’une «municipalisation» du PS, tel que l’étude de LH2 le laisse entrevoir. Un danger que François Hollande avait diagnostiqué dès le 10 février dans le JDD: «Nous refusons vigoureusement l’idée d’une cohabitation d’un nouveau genre : à gauche les responsabilités locales, à droite celle du pays.»
(...)
Pourtant, certains, au PS, s’inquiètent de cette victoire annoncée. Et tentent de rafraîchir les ardeurs de leurs camarades qui se voient déjà trôner, qui à la tête d’une mairie, qui au sommet d’un conseil général. «On se calme!» a ainsi récemment lancé, devant le secrétariat national du PS, le député fabiusien Claude Bartolone au vu d’une batterie de sondages donnant entre autres, Toulouse prise, Strasbourg reconquise, Metz penchant à gauche. Et même Marseille prenable… Autant de perspectives inespérées il y a encore quelques semaines. Un cadre du parti résume: «Quelques sondages ont suffi à générer l’euphorie. Quand tu vois qu’au second tour, on ferait 60 % à Grenoble, 56 % à Lyon et 50 % à Strasbourg, tout le monde s’emballe.» Et ce vieux routier de la compétition électorale d’en rappeler un des fondamentaux: «Une campagne, il faut y aller comme challenger. Si tu pars avec l’idée que tu as gagné, tu as perdu…»
Horizon. Encore difficilement audible, en proie à un flagrant déficit d’autorité, prêt à retomber dans ses querelles de leadership et d’orientation dès le soir du second tour, le PS se trouve pourtant dans la paradoxale situation d’être en mesure de l’emporter le 16 mars. Toutes tendances confondues, les ténors socialistes s’accordent: «Les remontées sont assez bonnes», estime l’eurodéputé Benoît Hamon. «Chaque jour qui passe va affermir les pronostics en faveur de la gauche, veut croire Pierre Moscovici. La droite a le choix entre une défaite et une Berezina.»
François Hollande a lui-même fixé l’horizon électoral à l’issue du deuxième tour: un solde positif d’une trentaine de villes. «L’objectif est raisonnable, estime Jean-Louis Bianco, proche de Ségolène Royal. Je ne vois pas ce que peut faire Sarkozy, dans le délai qui lui reste, pour inverser la tendance. Notre succès sera encore plus fort que prévu.» Et les dirigeants socialistes de se prendre à rêver à la prise, entre autres, de Caen, Saint-Brieuc, Quimper, Montauban, Rouen, Chartres, Orly, Bourges, Millau ou Tarbes. Reste que certains, un œil dans le rétro, calment le jeu. «Nous n’avons aucun intérêt à nous exprimer sur le nombre de villes gagnables», met en garde Claude Bartolone, qui rappelle «qu’en février 2001, la cote de popularité de Jospin était à 60 %. Et qu’on avait tout de même pris une raclée. Tous les ministres candidats dans les grandes villes avaient perdu…» Une défaite à l’époque maquillée par les conquêtes de Paris, Lyon et Dijon.
Poupe. Il y a aussi un autre point sur lequel les socialistes se retrouvent, que contredit en partie notre sondage: «Ces perspectives sont moins dues à nos propres qualités qu’aux fautes de l’adversaire», estime Benoît Hamon. Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, insiste: «Les électeurs saisissent ce qui est à disposition, comme en 2004, pour taper sur l’UMP, mais n’adhèrent pas pour autant aux thèses du PS.» Entre les déconvenues sur le pouvoir d’achat et le rapport Attali, mes mises en scène conjugales et affaire Martinon, c’est presque malgré lui que le PS aurait le vent électoral en poupe. Jean-Marie Le Guen, député de Paris: «Ce n’est pas le PS qui va gagner les élections. C’est la droite qui va les perdre.» Reste à savoir dans quelles proportions.
(1) Réalisé par téléphone les 15 et 16 février auprès d’un échantillon représentatif de 1 003 personnes selon la méthode des quotas.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/municipales...
10:30 Publié dans Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, ps, sondage libération

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